Le goût des rencontres.
Il y a quelques jours, un ami m'a soufflé une idée.
« Tu devrais écrire un article sur les marchés du coin. »
Il avait raison.
Cet ami est aussi un voisin. Enfin... presque. À peine dix minutes à pied séparent nos maisons. Pendant plusieurs années, nous avons partagé bien plus qu'un simple voisinage : des discussions, des conseils, des coups de main et beaucoup de bons moments. Ils ont récemment choisi de vendre leur maison pour se rapprocher de leurs enfants. En un mois, elle avait trouvé de nouveaux propriétaires. Nous sommes heureux pour eux. Mais je dois bien avouer qu'ils vont beaucoup nous manquer.
C'est aussi cela, la vie à la campagne. Des personnes arrivent. D'autres repartent. Et au fil des années, sans vraiment s'en rendre compte, une communauté se construit. Nous avons eu cette chance, depuis plus de dix ans, de rencontrer des personnes extraordinaires qui font aujourd'hui partie de notre quotidien. Et à ceux qui viendront un jour écrire un nouveau chapitre de leur vie ici, nous ouvrirons la porte avec le même plaisir. Parce que les villages vivent grâce à ceux qui les habitent. Et parce qu'un territoire, ce ne sont pas seulement des paysages. Ce sont avant tout des visages.
Parmi ceux que nous retrouvons chaque semaine, il y a aussi les producteurs de nos marchés. Ils rythment les saisons autant que le jardin. Le plus proche est celui d'Auzelles, le vendredi soir. Né pendant la période du Covid, il devait être provisoire. Comme quoi, les meilleures idées naissent parfois dans les périodes les plus compliquées. Le succès a été tel que le marché est resté. Quelques producteurs, quelques étals, beaucoup de sourires… et une équipe municipale particulièrement dynamique qui a su transformer une belle idée en rendez-vous incontournable.
À seulement dix minutes de route, Cunlhat accueille son marché hebdomadaire. Il fut un temps l'un des plus importants de la région. Aujourd'hui plus modeste, il reste pourtant indispensable pour les courses du quotidien.
Et puis il y a notre préféré. Billom. Impossible de traverser ses ruelles médiévales sans ralentir le pas. Le marché déborde de couleurs, de parfums et de conversations. J'aime particulièrement flâner devant les stands de pépinières. C'est là où j'y ai trouvé mes beaux plants de salade vieux chênes et Scarolle qui finissent dans les assiettes d'entrée préparées par Tim. Il y a aussi les fromagers, les boulangers, les producteurs de miel… Et puis ces food trucks venus d'ici ou d'ailleurs qui font voyager les papilles sans quitter l'Auvergne. Moi qui adore découvrir les cuisines du monde, je repars rarement les mains vides. Chaque saison apporte son lot de découvertes. Et souvent… une nouvelle idée de recette.
Un peu plus loin, Ambert nous accueille avec sa célèbre Fourme, sa mairie ronde – unique en Europe – et ses halles pleines de vie. Sous leurs voûtes, on retrouve les fromages, les charcuteries, les miels, les fruits et légumes des petits producteurs. Mieux vaut arriver de bonne heure… À moins d'apprécier les files d'attente. Mais finalement, une file d'attente devant un artisan est plutôt bon signe, non ?
Et comment ne pas parler d'Issoire ? Ville dynamique sur l'axe de l'A75 entre Clermont-Ferrand et Montpellier, elle accueille le deuxième plus grand marché du Puy-de-Dôme. En 2023, il était même candidat au titre de Plus Beau Marché de France. Mais s'il y a un rendez-vous que nous ne manquerions pour rien au monde, c'est celui de la Saint-Paule, à la fin du mois de janvier. Les étals se parent de jaune grâce aux bouquets de mimosa. Et c'est presque devenu une tradition. Chaque année, nous avons l'impression que le soleil s'invite à la fête. Même en plein cœur de l'hiver, on se retrouve souvent à déambuler en simple pull, comme si le printemps avait décidé d'arriver un peu en avance. Bien sûr, ce ne sont là que quelques exemples.
Le Livradois-Forez regorge de petits marchés de village, de marchés nocturnes pendant l'été, de fêtes locales où l'on célèbre les produits du terroir et le plaisir de se retrouver. Mais cela… ce sera l'histoire d'une autre chronique.
Il y a une phrase que nous entendons souvent. « Vous êtes un peu perdus ici, non ? » Je souris toujours. Parce que les apparences sont parfois trompeuses. Oui, nous sommes entourés de nature. Oui, les routes serpentent entre les collines. Mais en moins de temps qu'il n'en faut pour traverser une grande ville, nous avons accès à des marchés, des producteurs passionnés, des artisans, des villages vivants et une qualité de vie que nous n'échangerions pour rien au monde. Alors non. Nous ne sommes pas perdus. Nous avons simplement trouvé un endroit où il fait bon vivre.
Et finalement… n'est-ce pas cela que l'on cherche tous ?
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